Mont-Blanc, le regard des peintres
Histoire de la représentation picturale du toit de l’Europe
Depuis des siècles, le mont Blanc a fasciné et inspiré les artistes, qui l’ont représenté avec leurs techniques et suivant les courants de leur époque.
Cette conférence nous propose un voyage unique à travers le temps où l’art devient mémoire, science et contemplation. Invitation à l’émerveillement autant qu’à la réflexion, elle nous emmène effectuer une visite inédite dans les musées et les collections du monde avec au programme une double ascension : celle des cimes et celle des profondeurs intérieures.
Aiguille du Midi : du rêve à la réalité
Ériger un téléphérique à de telles altitudes ne relève pas de la simple construction, mais de l’exploit pur. Il aura fallu un demi-siècle d’audace, de balbutiements techniques et de labeur acharné contre les éléments pour que l’Aiguille du Midi s’ouvre enfin au monde. Cette ascension est avant tout une épopée humaine, le triomphe d’une volonté de fer sur la roche et la glace. Aujourd’hui, Chamonix voit défiler des milliers de visiteurs venus s’offrir le vertige du téléphérique le plus haut de France — et jadis du monde. Depuis l’inauguration de 1955, c’est une histoire qui continue de s’écrire : 70 ans de passion et de défis techniques, transmis de génération en génération, au cœur d’une haute montagne fascinante, mais aujourd’hui témoin fragile des bouleversements climatiques
Chateaubriand et les Alpes
CHATEAUBRIAND AU MONT-BLANC (AOUT 1805)
UNE VISITE JUGEE SCANDALEUSE
Clochers savoyards
Le clocher à bulbe est souvent perçu comme un marqueur identitaire de la Savoie, mais l’aspect du clocher, son architecture et sa position par rapport à l’église ont beaucoup varié au cours des âges. Christian Regat nous propose une découverte très complète des clochers savoyards depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, de la Maurienne au Chablais, sans oublier, bien sûr, les clochers qui ponctuent le paysage au pied du Mont-Blanc.
Viollet le Duc au Mont-Blanc
En 1876, l’architecte Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc publie un ouvrage consacré au Massif du Mont Blanc. Étude sur sa constitution géodésique et géologique sur ses transformations et sur l’état ancien et moderne de ses glaciers, ainsi qu’une carte topographique du même lieu. Pourquoi un architecte, plus connu pour ses restaurations de Monuments historiques et ses publications sur l’architecture du Moyen Âge, s’intéresse-t-il aux Alpes au point de publier un long texte agrémenté de nombreuses illustrations ? C’est cette question que propose d’explorer cette conférence à travers les nombreux dessins et aquarelles qu’il nous en a laissés.
Le grand tour au Mont-Blanc
Les grandes traversées de J.M.W. TURNER
J.M.W. Turner (1775-1851) est sans doute le paysagiste le plus extraordinaire de l’histoire de l’art occidental. De l’accostage difficile des bateaux aux épopées tumultueuses d’Ulysse ou d’Énée, du col du Saint-Gothard au simple passage d’un ruisseau, de la tempête en mer du Nord au franchissement dramatique des Alpes, un nombre très important de ses toiles représentent les difficultés, les douleurs, les triomphes parfois, de ces traversées humaines, ces expériences sans cesse renouvelées de parcours du paysage et de la terre. Mais alors que ses contemporains semblent souvent se concentrer sur une recherche d’effets mélodramatiques ou morbides, Turner parvient à exprimer à la fois l’extrême fragilité des entreprises humaines face aux forces telluriques ou belliqueuses auxquelles elles sont confrontées, et sa perception intime des continuités historiques et du passage du temps, d’où son intérêt ininterrompu pour les ruines et son recours fréquent à la figure du tourbillon ou vortex, qui semble exprimer à la fois la tourmente et le cycle, et rappelle ce que le Romantisme—celui de Beethoven, Mendelssohn et Schubert, celui de Turner, Friedrich et Delacroix, celui de Schiller, Chateaubriand et la seconde génération des poètes anglais, Byron, Keats et Shelley—avait de plus intense et de plus tourmenté.
Fort du riche héritage des penseurs empiristes qui, des théories optiques de Newton aux expérimentations sublimes du gothique, placèrent la stimulation sensorielle à l’origine de toute connaissance, Turner passa sa vie d’artiste à tenter les expériences picturales les plus audacieuses, travaillant lumière et couleur inlassablement au service d’une vision poétique d’un monde sur lequel elle se propose de « faire la lumière ».