Gabriel Loppé

L'homme

1825 – 1913

A la fois peintre paysagiste et alpiniste confirmé, Gabriel Loppé a représenté les sommets alpins, les glaciers géants, les séracs menaçants et les crevasses béantes ainsi que les couchers de soleil flamboyants en montagne, partageant avec nous son sentiment de la montagne. Plus tard dans sa vie professionnelle, il s’adonnera aussi à la photographie.

Né en 1825 à Montpellier d’un père officier militaire, Gabriel Loppé grandit en pension à Paris. Âgé de 16 ans, il découvre les joies de la marche en montagne lors d’une première escapade en altitude au pic Saint-Loup, dans l’Hérault. Découvrant au sommet deux artistes qui dessinent, il ressent leur bonheur de représenter la nature qui les entoure. Il décide alors qu’il sera peintre paysagiste.

En 1846, ses parents l’inscrivent dans l’atelier de peinture de François Diday à Genève, maître renommé. L’atelier est aussi fréquenté par Alexandre Calame. Les cours d’été ont lieu en extérieur dans l’Oberland bernois à Meiringen. C’est l’occasion d’une première course sur glacier, une révélation pour Gabriel Loppé. L’alpinisme et la peinture feront désormais partie de sa vie.

En 1853, Loppé découvre Chamonix et sa vallée. Dès qu’il le peut, il loue puis achète un terrain pour construire un atelier de travail et une galerie d’exposition. Il reviendra chaque année dans cette vallée, pendant toute sa carrière professionnelle.

Loppé réalise de nombreuses ascensions au mont Blanc, une aventure compliquée pour l’époque. Ce massif est son royaume. Aidé de ses guides et de ses porteurs, il emporte toujours de quoi dessiner et peindre sur place.

En 1864, l’artiste est élu membre honoraire de l’Alpine Club de Londres. Il est ainsi le premier adhérent étranger de ce club et fait la joie des alpinistes britanniques dont il devient l’ami et avec qui il réalise des courses en montagne, dont la première du mont Mallet en 1871 avec Leslie Stephen.

Gabriel Loppé aime voyager, il parcourt villes, campagnes et bords de mer en France, en Suisse, en Italie, en Angleterre et en Ecosse, témoignant avec ses pinceaux de ce qui l’entoure.

En 1887, Loppé a 62 ans quand il achète son premier appareil-photo pour se lancer dans une nouvelle aventure. Il va alors consacrer une grande partie de son temps à prendre des photos, tout en continuant à peindre.

Son cliché photographique le plus célèbre est une vue de la tour Eiffel foudroyée par trois éclairs, le 3 juin 1902 à 21h20, ce qui lui vaudra les félicitations de Gustave Eiffel. La plaque de verre de cette photo -son négatif- est conservée au Musée d’Orsay de Paris.

Il s’éteint à Paris en 1913 dans sa 88ème année et repose au cimetière du Père Lachaise.

Texte : Anne Friang descendante de Gabriel Loppé

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Gabriel LOPPÉ

L'oeuvre

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Sur le chemin de la cascade des Pélerins, Vallée de Chamonix,

Non daté
Dessin à la mine de plomb rehaussé de gouache,
Format 21,5 x 14 cm
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Bord du Rhône à Seyssel,

1877
Huile sur toile,
Format 50,5 x 75,5 cm
Signé en bas à gauche
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Bords de l’Arve à Carouge près de Genève en hiver,

1878
Huile sur toile,
Format 46 x 60 cm
Signé en bas à gauche
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Bords de la Thiele près de Neuchatel en hiver,

Non daté
Huile sur carton fort,
Format 49 x 37 cm
Signé en bas à gauche

L'artiste

Gabriel Loppé – Sa vie

Rien ne prédisposait le jeune Gabriel à un avenir de peintre, ni même d’alpiniste ; son père, polytechnicien au Génie, fera une carrière militaire qui entraînera sa famille en diverses garnisons dont Embrun sera la seule en montagne !

Cependant c’est ici qu’il aura la révélation du bonheur de peindre, de « peindre en plein air », à une époque où la peinture, très académique ne se pratique qu’en atelier, il peint, dessine à loisir… Né à Montpellier en 1825, il suit ses parents pendant ses jeunes années puis, entre 10 et 17 ans reste pensionnaire à Paris pour poursuivre des études qui ne l’enthousiasment pas! Sa santé se détériore, il s’étiole et c’est ainsi qu’il rejoint sa famille au bon air d’Embrun.

En 1846 il va à Genève suivre les cours du célèbre peintre paysagiste, Diday. Il y rencontre aussi le non moins célèbre Calame. Sa vie d’artiste l’emmène à la découverte des Alpes Suisses et, par le fait, à celui de la haute montagne qui sera, tout au long de sa vie, la source de ses émotions picturales.

A la suite des évènements politiques de 1848 le père de Gabriel le prie de s' » exiler  » volontaire en Savoie (non encore française à cette époque), il s’y est révélé un trop ardent républicain !

Tombé amoureux d’une annecienne Marguerite Bachet, il l’épouse en 1851 et auront ensemble 3 enfants. La famille vit d’abord à Annecy, puis Loppé ouvre une galerie à Genève. Il ne vit plus que de son art et peut se faire, à Genève, une clientèle fortunée, internationale.

C’est à cette époque qu’il découvre Chamonix, les beautés grandioses des neiges éternelles du massif du Mont Blanc, et son désir d’y ancrer sa vie. Dans la seconde moitié du XIX° siècle Chamonix est déjà, au dire de certains contemporains, un  » grand caravansérail  » où se mêlent aux autochtones, les premiers touristes anglais, grands amateurs d’aventure et d’alpinisme. Gabriel partage avec eux ce goût d’aller marcher, sans le motif scientifique de leurs prédécesseurs, mais pour le simple plaisir de gravir une montagne encore vierge de tout refuge. Il se fait de nombreux amis parmi cette  » gentry  » britannique avec qui il randonne ; les plus célèbres seront : Alfred Wills (premier président du tout nouveau Alpine Club de Londres, qui accueillera Loppé en 1864), Leslie Stephen (écrivain érudit qui rendra hommage à Loppé dans The Playground of Europe, père de Virginia Woolf), ou James Eccles (dont il épousera plus tard la sœur en secondes noces). Grâce à eux Loppé exposera régulièrement à Londres, à l’Alpine Club d’abord, puis dans des galeries privées où ses immense toiles de glaciers bleus, ses panoramas somptueux ou ses couchers de soleil flamboyants, impressionneront un public non averti des paysages de haute montagne, il présentera même son travail à la Royal Academy. De tempérament joyeux et extraverti, ses amis aiment le voir à Londres  » où, lorsqu’il pousse la porte de l’Alpine Club le grand vent des Alpes entre derrière lui… » ! De nature résistante, il affichera 40 montées au Mont-Blanc (4 la même année !), et il y peindra 11 fois au sommet malgré le froid, la nuit tombante, et ses amis qui le pressent de descendre…Il passe une semaine au col du Géant avec sa fille, fait 2 premières : le col des Hirondelles et le Mont Mallet ! Et lorsqu’il sera trop âgé pour aller en montagne, n’hésitera pas à emmener ses petits enfants se promener à pied de Paris à Versailles, aller-retour !

Gabriel Loppé a un premier atelier à Chamonix avant 1860, puis il aura une, puis deux maisons, et une galerie d’exposition qui perdurera jusqu’en 1982, présentée par sa petite fille Madame Savine. Pendant les festivités du rattachement de la Savoie à la France, Loppé est pressenti pour intervenir auprès de Napoléon III, en voyage à Chamonix, pour améliorer la législation de la Compagnie des guides.

En 1871, son épouse meurt à Genève, et son corps est transporté à Chamonix.
Quelques années plus tard Gabriel Loppé épouse, à Londres, Elizabeth Eccles. Ils habiteront Paris, Avenue du Trocadéro, non loin de la nouvelle  » tour  » en construction.

Pendant une dizaine d’années Gabriel Loppé expose ses toiles au Salon à Paris.

Intéressé par le nouveau médium qu’est la photographie, Loppé, comme beaucoup d’artistes, se passionne pour ce nouvel art. Il réussit un cliché d’un éclair tombant sur la Tour Eiffel qui émerveillera Eiffel lui-même. Ses petits-enfants seront l’objet de nombreuses photos, très vivantes, et bien sûr il promènera aussi son appareil en montagne.

Gabriel Loppé vécut jusqu’à l’âge de 88 ans, et meurt à Paris le 19 Mai 1913.
Sa vie fut celle d’un artiste reconnu et admiré et s’il fut oublié c’est que le courant impressionniste a balayé l’art du paysage tel qu’il était pratiqué par les peintres réalistes ; néanmoins il demeure un précurseur du paysage de haute montagne et de contrées infinies.

L'incendie

Incendie de la Salle Michel Croz

Le 15 février 1999, le feu se déclara vers 22 heures 55 dans les combles de la salle Michel Croz au centre de Chamonix. Deux tableaux de la collection Loppé présentés à l’entrée de la salle ont été complètement détruits.

Du fait de la proximité de la salle Michel Croz et du Musée Alpin et en particulier de la salle d’exposition des oeuvres de Gabriel Loppé, celle-ci a été totalement détruite et de nombreux tableaux ont subi de très importants dégats comme en témoigne ces photos.

La restauration des tableaux de la collection Loppé

Un énorme travail de restauration a été entrepris. Au centre le tableau de Chamonix en hiver en place avant l’incendie. à gauche, le tableau après l’incendie et à droite le même tableau après restauration.

Chute de la mer de glace depuis le Chapeau.

1890, Huile sur toile Format : 73 x 55 cm
Restaurateur : Atelier Toussaint – Lyon.
Les différentes phases de restauration du même tableau et le résultat final.

Remerciements

Remerciements à Marie Noël Borgeaud

Nos remerciements à Marie Noël Borgeaud qui a activement participé à la création de cette page sur Gabriel Loppé.

Vous pouvez vous procurer son ouvrage sur Gabriel Loppé, paru en novembre 2002, dans toutes les bonnes librairies ou sur le site de l’éditeur Glénat nous rappelons ci-après les références de l’ouvrage.

Gabriel Loppé – Peintre, photographe et Alpiniste – par Marie Noël Borgeaud ISBN : 2723439860 – Hachette : 7372873 – EAN : 9782723439862

Marie Noël Borgeaud nous a quittés début février 2009 à la suite d’une longue et douloureuse maladie.

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L’assemblée générale de l’association aura lieu le vendredi 24 avril 2026 à 18 heures au Majestic salle Paul Payot

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